Photo : Eric St-Pierre
La pauvreté dans les pays en voie de développement touche particulièrement les femmes. Leur vulnérabilité économique découle, entre autres, des inégalités entre les hommes et les femmes et d’une distribution injuste des ressources au sein du ménage.
Dans plusieurs pays, les femmes n’ont pas accès à un salaire décent. Souvent privées d’éducation, elles ont plus de difficultés à trouver un emploi rémunéré dans le secteur formel, où sont exigées des connaissances et des habiletés particulières. Les femmes se retrouvent donc en grand nombre dans le secteur informel où les salaires ou revenus sont très bas, et où elles n’ont pas de sécurité sociale. Même dans le secteur formel, certaines femmes souffrent de discrimination ce qui engendre plus de chômage, des salaires inégaux entre elles et les hommes et une ségrégation au niveau des postes occupés. Dans le monde rural, les femmes réalisent les tâches les plus pénibles et les moins bien rémunérées. L’accès à la terre, à la propriété, au crédit, aux marchés plus lucratifs leur est nié.
Outre les activités économiques qui génèrent des revenus, les femmes et les filles travaillent énormément au maintien du foyer, sans que leurs efforts ne soient reconnus et rémunérés. Dans certaines sociétés, il est même socialement inacceptable pour les femmes de contribuer financièrement au revenu familial. Finalement, dans certains pays, les femmes n’ont pas le droit d’hériter de la propriété foncière. Après la mort de leur mari, les veuves peuvent être ainsi rejetées de leur demeure par leur belle-famille. Elles se retrouvent alors sans ressource et dans une situation économique extrêmement précaire.
L’autonomie économique est un élément clé pour améliorer les conditions de vie des femmes, leur pouvoir de décision dans la famille et la communauté et pour repousser les barrières de la pauvreté et de l’exclusion. Individuellement et collectivement, les femmes des pays en voie de développement se donnent les moyens pour changer leur statut économique.
Février 2011
Lire, écrire et compter… Ces connaissances de base manquent encore à plus de 800 millions d'adultes, dont les deux tiers sont des femmes. Également 104 millions d'enfants dont une majorité de filles, sont privés d’éducation. Les trois quarts vivent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud et de l'Ouest. L'éducation de base est pourtant le moyen le plus efficace de prévenir la pauvreté, la maladie et de hausser la qualité de vie. Des personnes instruites peuvent s'informer, réaliser des projets et mieux préparer l'avenir de leurs enfants.
Dans certaines sociétés, les normes socioculturelles empêchent souvent les jeunes filles d’aller à l’école. Les rôles et responsabilités attribués aux hommes et aux femmes ne permettent pas toujours à ces dernières d’avoir accès à l’éducation. Par exemple, dans les pays où le rôle de la femme est associé à la maternité et aux tâches domestiques, les jeunes filles restent souvent à la maison au lieu d’aller à l’école. Pour des raisons économiques, certaines familles privilégient l’éducation des garçons plutôt que celle des filles, sans compter le fait que plusieurs familles sont incapables de défrayer les coûts liés aux effets et au matériel scolaires.
Les disparités en fonction du sexe défavorisent les femmes et les filles à tous les niveaux et réduisent leurs chances d'accéder à l'autonomie et à de meilleures conditions de vie. Il est pourtant prouvé que l'éducation des femmes amène une baisse de la mortalité maternelle et infantile et améliore la santé et l'alimentation des familles. Selon le secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, aucune réduction durable de la pauvreté n'est possible tant que les filles n'auront pas accès à l'éducation de qualité à laquelle elles ont droit.
Les organisations de femmes, les éducateurs et éducatrices, les autorités locales et nationales se mobilisent de plus en plus pour promouvoir l’importance de maintenir les filles à l’école et leur assurer une éducation à part entière. L’alphabétisation fonctionnelle permet aux femmes d’apprendre tout en développant des aptitudes au travail rémunéré.
Dans la majorité des pays en développement, la population a un accès limité aux soins de santé, aux médicaments et au dépistage du VIH et du sida, d’où le peu de possibilité de détecter le virus, de prévenir et de combattre la maladie. Le sida a désormais un visage majoritairement féminin.
De plus, les soins de santé sont souvent considérés comme un luxe et les femmes font les frais d’une absence de services adéquats. Dans les pays en développement, elles courent 100 fois plus de risques de mourir de complications liées à la grossesse que dans les pays industrialisés.
La nutrition et la sécurité alimentaire ont également un impact direct sur l'état de santé des populations, en particulier sur les femmes et les enfants qui se retrouvent souvent seuls dans les communautés rurales affectées par les famines et la malnutrition. Plus de 350 millions d'adultes et d'enfants souffrent de malnutrition.
En Afrique tout particulièrement, les crises humanitaires, la pauvreté généralisée et la pandémie de VIH et de sida ont aggravé la situation sanitaire dans de nombreux pays. La maladie laisse plusieurs enfants sans parents. Ces orphelins et orphelines, surtout les aînés et aînées de famille, doivent souvent assumer les tâches que leur mère effectuait à l’intérieur du ménage. Cette charge de travail supplémentaire réduit leurs chances de vivre pleinement leur enfance, et surtout, d’aller à l’école.
Les communautés locales, les organisations non gouvernementales, les intervenants en santé et les groupes de femmes ont uni leurs efforts pour offrir des services de santé ciblés pour les femmes et prendre en charge collectivement les victimes du VIH et du sida et leurs familles. Plusieurs prennent conscience de l’importance du pouvoir des femmes dans le couple et de la nécessité de dialoguer sur les rapports sexuels protégés afin d’enrayer l’épidémie et de protéger la santé de tous et toutes.
De façon générale, la feuille de route de nombreux pays en matière de droits des femmes laisse à désirer. Plusieurs pays ont signé des conventions internationales et des protocoles régionaux sur les droits des femmes et ont mis en place des législations nationales, mais leur application n’est pas assurée.
Les droits fondamentaux des femmes font référence à l’accès à un logement décent, à l’éducation, à la santé reproductive et sexuelle, à un travail rémunéré, à la sécurité et à l’absence de violence. Ces droits sont également reliés à l’accès et au contrôle des ressources, de la propriété, de la terre ou à l’héritage. Le respect des droits des femmes s’appuie sur la connaissance de ces mêmes droits et sur la pleine participation des femmes à la société.
Dans la majorité des pays, les femmes sont sous-représentées dans les organes politiques et législatifs et elles participent peu aux sphères de pouvoir. Elles sont également absentes des instances de décision des organisations, des communautés et institutions locales ou provinciales. Pour que leur représentation soit effective, les femmes doivent avoir certaines capacités, avoir confiance en elles, prendre la parole individuellement et collectivement.
La citoyenneté des femmes commence par la reconnaissance de leur rôle dans la communauté, l’économie, la génération de savoirs, l’établissement de politiques. Des réseaux locaux, nationaux, voire régionaux d’organisations de femmes, des groupes de défense des droits, des regroupements de juristes et de politiciennes unissent leurs efforts afin d’ouvrir de nouveaux espaces de participation des femmes.
Partout dans le monde, dans les rues, à l’école, au travail, et bien souvent à la maison, les femmes et les filles sont victimes de violence.
La violence sexuelle affecte principalement les femmes et les filles. Cette violence a des effets sérieux et durables sur la santé, le bien-être et l’autonomie des personnes victimes de tels actes perpétrés au quotidien.
Les répercussions se font également sentir au niveau des communautés et de la société en général. Par exemple, cela entraîne :
La violence revêt plusieurs autres formes : la violence domestique; le viol; le trafic de femmes et de filles; la prostitution forcée; la violence dans les conflits armés, dont le viol systématique, l'esclavage sexuel et la grossesse forcée; les meurtres d'honneur; la violence liée à la dot; l'infanticide des petites filles, la sélection prénatale en fonction du sexe favorable aux garçons; les mutilations génitales féminines et autres pratiques et traditions néfastes pour les femmes.
Des outils internationaux comme le protocole additionnel à la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, adopté par l'Assemblée générale de l'ONU, permettent aux organisations de femmes, aux défenseurs des droits des femmes et aux États d’agir directement sur ce fléau. Sur le plan communautaire, les réseaux d’appuis et de solidarité créés par les organisations de femmes constituent des lieux de protection, de prise en charge et d’autonomisation qui redonnent aux victimes leur confiance en elles et la force d’accompagner d’autres femmes aux prises avec la violence.
Novembre 2010
Novembre 2010
Novembre 2010